1er avril
Vague d’arrestations dans la vallée du Borne (Petit-Bornand et Entremont) par les Allemands qui ont obtenu des renseignements sur certains habitants ayant aidé les maquisards sur le Plateau et au cours du décrochage. L’Abbé Truffy curé du Petit-Bornand est également arrêté. Ces hommes seront déportés et seuls quelques uns — dont l’Abbé Truffy — reviendront vivants. Trois sont fusillés sur le chemin montant au Plateau (un quatrième le sera le 13 avril) ainsi que trois maquisards.
Ce même jour, la Gestapo appuyée par un fort détachement de la Wehrmacht mène une grande opération à la recherche de rescapés des Glières signalés aux usines du Giffre (canton de Saint-Jeoire en Faucigny, au nord de Marignier). La troupe ratisse le village de Cormand et toute la vallée ; la Gestapo contrôle tout le personnel de l’usine guidée par un « mouchard », notamment à la recherche d’Henri Plantaz-Lavaz, le chef local de la Résistance. Celui-ci est tué en essayant de s’enfuir. Trois hommes sont fusillés sur place. Trois rescapés des Glières sont emmenés à Annecy (et fusillés le 13 avril) et trente personnes seront déportées en Allemagne.
Premières inhumations au cimetière de Morette.
2 avril
À Doussard (à l’extrémité sud du lac d’Annecy), trois maquisards de la section Leclerc sont tués par la Milice ainsi que le père de famille qui venait de leur donner asile, tandis que la mère était grièvement blessée. Ils étaient arrivés jusque là après un périple incroyable d’une semaine à travers les montagnes en soutenant un blessé, sous la conduite de leur chef de section, l’adjudant-chef Robert Jouglas. Seul ce dernier échappe à ce massacre mais il est pris par la Milice en arrivant chez lui à Marseille et fusillé le 24 avril.
Premier convoi de prisonniers haut-savoyards à destination de Compiègne.
Nuit du 2 au 3 avril
Six avions parachutent 90 containers d’armes au-dessus de Bogève, réceptionnés par les FTP.
5 avril
La Gestapo quitte Thônes.
À Vailly (près de Thonon), où la section Verdun a réussi à ramener ses maquisards et son armement, la Milice boucle le village, arrête plusieurs hommes et récupère les armes.
7,8,11 avril
À la radio de la France Libre, Maurice Schumann glorifie le combat des Glières.
9 avril
À Annecy dans le bâtiment de l’Intendance où sévit la Section Anti-Communiste (la SAC appelée « les Canadiennes ») un maquisard des Glières meurt sous la torture.
13 avril
Au petit matin, la Schutzpolizei monte d’Annecy avec des prisonniers et fusille treize maquisards des Glières et un de leurs ravitailleurs dans un bois sur les bords du Fier en aval de Morette à peu de distance de la cascade de « la Belle Inconnue ». Les morts sont sommairement enterrés : on ne les retrouvera que plusieurs mois plus tard.
19 avril
Sur la route descendant de Bellevaux , au lieu dit le Layat, le corps franc AS « de Griffolet » tend une embuscade et tue cinq Miliciens revenant d’une opération sur le haut de la vallée.
20 avril
L’épouse d’Humbert Clair (« Navant ») est arrêtée par la Gestapo et sera déportée en Allemagne dans plusieurs camps, notamment Ravensbrück, mais survivra. Humbert Clair sera obligé lui-même de quitter le département le 15 mai et continuera le combat en Isère.
Vers le 20 avril, le sous-lieutenant Jourdan (« Joubert ») , seul officier du 27e BCA rescapé du Plateau, remonte au Glières, pour récupérer des armes, avec des maquisards en cours de regroupement dans la vallée de Thônes. L’adjudant Louis Morel (« Forestier ») fait de même au dessus de Thorens.
25 avril
Premiers départs de prisonniers des Glières pour l’Allemagne.
27 avril
Le lieutenant Jacques Lalande (qui vient de participer à la première réunion des responsables de l’AS à la suite des événements) est arrêté par les Miliciens à Annecy et emmené à leur poste de commandement des Marquisats. Il meurt en quelques heures sous les coups qu’il reçoit.
28 avril
Les Allemands, à qui la Milice a livré le cadavre de Lalande (que la Gestapo réclamait vivant) sortent Bastian de sa cellule. A la nuit tombée, il lui font transporter son camarade et l’exécutent dans un petit bois près d’Alex. Les deux corps enterrés sur place sont retrouvés le 3 mai.
30 avril
Des Résistants de Thônes vont chercher sur le Plateau les corps de Tom Morel et Georges Decour.