Glières

« Première bataille de la résistance »

Comme c’est souvent le cas, en dépit de la notoriété nationale des combats des Glières, rares sont ceux qui en ont une connaissance précise, voire exacte.
Pour un grand nombre, la confusion avec le Vercors est fréquente (dans les deux cas, il s’agit d’un Plateau, situé dans les Alpes).
Pour d’autres, là où on a pu célébrer une « épopée », les faits seraient infiniment plus modestes et leur relation relèverait de la légende. On a par ailleurs souvent retenu l’idée de « sacrifice », les uns pour le célébrer, les autres pour dénoncer là une erreur stratégique et tactique, surtout lorsque les mêmes parlent « d’anéantissement ». En fait, selon André Malraux, Glières « est une simple et belle histoire ».

Le but de ce site est de la faire connaître, dans sa vérité et dans son exemplarité.

La vérité, c’est celle, entre janvier et mars 1944, du rassemblement au Plateau des Glières, au cœur de la Haute-Savoie, de plusieurs centaines de maquisards, essentiellement de l’Armée Secrète (AS), mais aussi des Francs-Tireurs Partisans (FTP), sous les ordres du lieutenant Morel, dit Tom, puis, après la mort de celui-ci, du capitaine Anjot, tous deux du 27ème Bataillon de Chasseurs Alpins (BCA), pour y réceptionner les parachutages d’armes massifs dont les maquis du département avaient un impérieux besoin.

C’est celle de leur combat inégal, d’abord contre les forces de Vichy, puis contre une division de la Wehrmacht, jusqu’à leur esquive et à leur dispersion à la fin mars, qui leur évitera la destruction, même si elle se soldera par la mort de plus d’une centaine d’entre eux. Mais la vérité, c’est aussi la reconstitution des maquis dans les semaines qui suivent, jusqu’au 1er août 1944 où 3000 hommes sont à nouveau rassemblés en plein jour pour accueillir, sur le Plateau des Glières, les parachutages les plus massifs qu’ait jamais reçus le département. Ainsi la Haute-Savoie allait-elle être libérée dès la mi-août 44 par les seules forces de la Résistance qui contraindront les Allemands à la reddition bien avant l’arrivée des Alliés.

Quant à l’exemplarité, c’est celle, réalisée à Glières et emblématique de la Résistance en Haute-Savoie, de la convergence, autour des valeurs qui ont fait la France, alors bafouées et trahies, d’hommes issus de tous milieux, au-delà des clivages idéologiques, politiques et sociologiques : les chrétiens sociaux des mouvements de jeunesse catholique — qui seront au cœur de l’AS — les communistes — qu’on retrouvera dans les FTP — et les militaires du 27ème BCA, qui constitueront l’ossature de l’encadrement.
C’est celle d’un véritable drame classique — unité de temps, de lieu et d’action — avec ses héros et sa devise : « Vivre libre ou mourir », dans un site sublime.
Voilà pourquoi la mémoire en est aujourd’hui vivante, tant notre époque en quête de sens peut puiser là l’inspiration d’un « vouloir vivre ensemble » dans la France d’aujourd’hui. Voilà aussi pourquoi, par milliers chaque année, les enfants des écoles convergent au Plateau des Glières et à la Nécropole Nationale de Morette pour une haute leçon d’histoire et de civisme, toujours actuelle.

L’Association des Glières, pour la mémoire de la Résistance, a pris la relève de « l’Association des Rescapés des Glières » pour faire vivre les valeurs dont ces derniers se sentaient porteurs. Elle est au cœur de cette dynamique.
Ce site est le sien.
Elle n’y poursuit pas d’autre objectif que de partager l’héritage dont elle est dépositaire et qui est l’un de ceux qui ont fait et qui feront la France.