Glières, dates à retenir

1944

L’état de siège : les maquisards face aux Forces du Maintien de l’Ordre

31 janvier : le colonel Lelong, nommé par Darnand « Intendant de Police du département », met la Haute-Savoie en « état de siège ». Cette mesure d’exception s’appliquera jusqu’au mois de mai.
Le soir même, sur ordre de Tom Morel, les premiers groupes montent au Plateau, rejoints, dans les jours suivants, par d’autres groupes de maquisards du secteur, notamment 56 Républicains Espagnols.

7 février : première intervention de la Garde mobile.

12 février : affrontement grave avec la Garde qui a 4 tués et laisse 3 prisonniers.

Nuit du 13 au 14 février : premier parachutage par trois avions.

20 février : prise d’armes sur le Plateau ; Tom Morel rassemble le « bataillon des Glières » et lui donne la devise « Vivre libre ou mourir ».

26 février : Tom Morel fait monter le groupe AS de Thorens (« Forestier »). Le groupe FTP « Liberté Chérie » de Marcel Lamouille monte également.

2 mars : suite à l’arrestation du médecin adjoint du Plateau, coup de main sur Saint-Jean-de-Sixt contre le poste des GMR. (une trentaine de prisonniers qui seront relâchés).

3 mars : le groupe FTP de Marius Cochet (« Franquis ») se met aux ordres de Tom Morel.

5 mars : parachutage par deux avions.

9 mars : Jean Rosenthal (« Cantinier »), qui assure la liaison avec Londres, monte au plateau. Il annonce l’arrivée d’un grand parachutage et déclare : « le débarquement est proche ; considérez-vous comme une tête de pont ».

Nuit du 9 au 10 mars : coup de main contre les GMR à Entremont et mort de Tom Morel.

Nuit du 10 au 11 mars : troisième parachutage (17 avions, environ 45 tonnes d’armes).

L’intervention allemande

12 mars : Les autorités d’occupation allemandes prennent en main les opérations contre Glières laissées jusque là à l’initiative du gouvernement de Vichy. L’aviation allemande bombarde le Plateau.
Une centaine de maquisards venant du Chablais et du Giffre arrivent en renfort.

18 mars : le capitaine Anjot prend le commandement du bataillon (environ 460 hommes). Attaques aériennes presque quotidiennes.

23 mars : la 157ème division allemande prend position sur le pourtour du Plateau.

26 mars : à partir de 8h du matin, la Milice multiplie les attaques qui sont chaque fois repoussées. Les Allemands font une tentative du côté du Lavouillon au-dessus du Petit-Bornand.
Vers 15 heures, une unité du bataillon Geier attaque la position de Montiévret. Elle est stoppée par les deux sections qui tiennent le secteur. À la nuit les Allemands se replient.
Vers 22h, le capitaine Anjot, considérant que « l’honneur est sauf », donne l’ordre à toutes les sections de décrocher et de sortir de l’encerclement pour rejoindre leurs maquis d’origine. Dans la nuit, le Plateau est évacué.

27 mars : Au début de l’après-midi, les troupes allemandes occupent le Plateau.
Dans l’après-midi, le capitaine Anjot avec deux anciens chasseurs du 27ème BCA et trois Espagnols, qui l’escortaient, sont tués par les Allemands. Au-dessus de Nâves.
Vers 22 h. à Morette, un groupe d’environ vingt-cinq maquisards est pris dans une embuscade allemande. Ce sera, dès le 1er avril, le lieu d’inhumation de 105 maquisards et résistants qui deviendra la nécropole des Glières.

La libération de la Haute-Savoie

1er août : nouveau parachutage sur le Plateau des Glières : largage par trente-six B17 d’environ 150 tonnes d’armes réceptionnées par plus de 2000 hommes. Elles sont partagées entre l’AS et les FTP et aussitôt distribuées dans tout le département. Elles vont permettre à la Résistance, entre le 15 et le 19 août, de faire capituler, par ses seules forces, la Milice et toutes les garnisons allemandes.

5 novembre : le Général de Gaulle, Chef du Gouvernement provisoire de la République, vient au cimetière de Morette rendre hommage aux combattants des Glières et à la population qui les a soutenus. Il reviendra sur ces lieux en 1948 et 1960

1973

2 septembre : le Monument à la Résistance d’Emile Gilioli est inauguré par André Malraux.