Janvier 1944

La Haute-savoie en état de siège

Compte tenu de la situation insurrectionnelle qui règne en Haute Savoie depuis l’automne, les autorités allemandes d’occupation mettent en demeure le gouvernement du Maréchal Pétain à Vichy de « nettoyer les nids de terroristes » avant la mi-mars. Passé ce délai l’armée allemande s’en chargera. Mais la Résistance ne sera jamais informée de cette menace.

10 janvier

Par décret du gouvernement Laval Joseph Darnand chef de la Milice et Secrétaire Général au Maintien de l’Ordre reçoit autorité sur « l’ensemble des forces de police, corps et services qui assurent la sécurité publique et la sûreté intérieure de l’Etat ».
Il va jouer le premier rôle dans l’intervention des Forces du Maintien de l’Ordre en Haute-Savoie. Dès la deuxième semaine de janvier, des renforts de police affluent dans le département : Gendarmerie, Garde mobile, GMR (Groupes Mobiles de Réserve) et Milice. Les Forces du Maintien de l’Ordre compteront près de 3000 hommes à la fin du mois.
Le groupe FTP de Marcel Lamouille enlève huit policiers des Renseignements Généraux à Bonneville.

13 janvier

Même opération par le groupe FTP de la Roche sur Foron (qui s’est assuré la neutralité de la Garde Mobile). Ces prisonniers ne pourront pas être échangés contre des Résistants arrêtés par la police de Vichy et seront exécutés.

20 janvier

Création par Vichy des Cours martiales (3 « juges » nommés par Darnand, pas d’instruction, pas d’avocats, condamnation sans appel et exécution dans les vingt-quatre heures).

À la Roche-sur-Foron, à l’entrée de la ville, le lieutenant Tom Morel et le capitaine Anjot avec leur chauffeur neutralisent un groupe de six Allemands qu’ils voulaient faire prisonniers.

23 janvier

Le corps franc « Simon » (Armée Secrète) est anéanti par les Allemands à proximité d’Annecy.

26 janvier

Intervention violente des troupes allemandes au village de Thuy (Thônes).

27 janvier

Représailles allemandes à Pouilly (Saint-Jeoire).

27 janvier

À Londres, sur la demande insistante des représentants du général de Gaulle, Winston Churchill décide d’armer les maquis de la région et de leur envoyer, pour la première fois, des parachutages importants.

30 janvier

Arrivée à Annecy du colonel de gendarmerie Georges Lelong nommé par Pierre Laval « Intendant de Police en Haute-Savoie » avec les pleins pouvoirs.

31 janvier

Le colonel Lelong met le département en « état de siège » :

les forces de police disposent désormais de tous les droits et lancent aussitôt des opérations de contrôle des populations.

Etat de siège
Etat de siège

La montée au plateau

31 janvier

Le lieutenant Théodose Morel dit « Tom », qui vient d’être nommé chef des maquis de l’Armée secrète en Haute-Savoie, ordonne à 120 maquisards des vallées de Thônes, sous les ordres du sous-lieutenant Jourdan « Joubert » (les camps de Manigod et Le Bouchet avec l’aide du corps franc de Thônes), de monter au plateau des Glières choisi par Londres pour recevoir des « parachutages importants » destinés à armer toute la région. Les maquisards font mouvement dans la nuit qui suit et arrivent aux Glières le lendemain matin. Ils forment la base de l’organisation du Plateau et constituent les sections Lyautey, Hoche et Leclerc.
Étant donné que les opérations de parachutage ne peuvent se faire que pendant la huitaine de nuits qui sont la période de la pleine lune et que la plus proche est celle du 9 février, le Plateau peut s’attendre à recevoir les largages annoncés entre le 5 et le 15 février, à condition que la météo le permette.