Juillet - Août 1944

Pour cette période où s’exacerbe la lutte contre l’occupant et ses auxiliaires français, on pourra utilement se référer au Cdrom sur la Résistance en Haute-Savoie, au DVD « La Libération d’Annecy et de la Haute-Savoie » et au livre de Michel Germain « Le prix de la Liberté ». Nous nous contenterons de mettre en exergue deux faits qui ont un rapport direct avec Glières et ont une portée particulièrement symbolique.

LA LIBÉRATION

Défilé du 14 juillet à Thorens

À l’occasion de la Fête Nationale, comme la radio de Londres en français l’a annoncé la veille, Louis Morel qui commandait la compagnie « Forestier » au Plateau des Glières fait défiler sa compagnie reconstituée, dans le village de Thorens.
Cette action est doublement symbolique. D’une part, le choix de Thorens pour ce coup d’éclat est une revanche prise sur la Milice qui y avait installé sa base d’intervention contre Glières et c’est une façon de laver les insultes de la radio de Vichy soi-disant lancées de Thorens par Philippe Henriot. D’autre part, Louis Morel montre avec éclat que, en évacuant le Plateau le 26 mars, l’Armée Secrète n’abandonnait pas le combat et allait au contraire le reprendre avec plus de force. Des prises d’armes et défilés ont lieu également dans de multiples villages en Haute-Savoie.

Parachutage du 1er août sur le Plateau des Glières

L’opération « Glières » se renouvelle. Mais les conditions ne sont plus du tout les mêmes qu’en février-mars : il fait beau temps, il n’y a plus de neige et la Résistance contrôle pratiquement les axes routiers.
Tout le département s’est mobilisé pour recevoir sur le Plateau le plus grand parachutage que la Haute-Savoie ait jamais reçu. Plus de trois mille hommes convergent vers les Glières. Un millier assure le bouclage de tous les accès montant des vallées ceinturant le massif. Environ deux mille montent prendre livraison de plus de cent cinquante tonnes d’armes qui sont partagées entre Armée Secrète et Francs Tireurs et Partisans et redescendues aussitôt du Plateau.

Parachutage Août 1
Parachutage Août 1
Parachutage Août 2
Parachutage Août 2

Ainsi est scellée, malgré toutes les difficultés, l’unité d’action qu’avait initiée Tom Morel et qui va se concrétiser dans les combats pour libérer définitivement le département. Le Plateau des Glières redevient, plus que jamais, le haut lieu emblématique de l’union de la Résistance dans le combat pour la liberté.
En quelques jours, ces armes sont réparties dans l’ensemble du département. L’armée allemande et la Milice sont réduites à la quasi-impuissance malgré quelques réactions qui vont encore coûter des vies, notamment à Thônes et aux Villards sur Thônes que l’aviation allemande bombarde les 3 et 4 août faisant 14 morts et 26 blessés dans la population. À partir du 12 août, les Forces Françaises de l’Intérieur de Haute-Savoie se mettent en place. Elles déclenchent les opérations de libération le 15, dès que le débarquement de Provence a lieu. Entre le 16 et le 19 août, toutes les garnisons allemandes du département ainsi que la Milice sont contraintes de capituler devant les seules forces de la Résistance haut-savoyarde alors que la 157ème division allemande est encore à Aix les Bains et Grenoble. Les morts des Glières avaient leur victoire.
Aussitôt Annecy libéré, les FFI de Haute-Savoie poursuivent l’ennemi au-delà du département : au nord en direction du Jura, au sud vers Aix-les-Bains puis dans la vallée de la Tarentaise et de la Maurienne jusqu’à la frontière italienne.