2 mai
Inhumation de Tom Morel et Georges Decour dans le cimetière de Morette où sont peu à peu rassemblés les morts des Glières.
4 mai
À Annecy la cour martiale condamne à mort 10 maquisards des Glières. Cinq sont fusillés le jour même.
4 mai
Le capitaine Rosenthal (« Cantinier ») repart pour Londres où il a été rappelé afin de rendre compte de sa mission au SOE britannique et informer le général de Gaulle. Il quitte à nouveau l’Angleterre le 7 juin (lendemain du début du débarquement de Normandie) et revient en Haute-Savoie.
LA RENAISSANCE
5 mai
La « Direction départementale des opérations du Maintien de l’ordre en Haute-Savoie » mise en place par Vichy au mois de janvier est dissoute. Le colonel Lelong quitte le département. Mais les mesures de contrôle mises en place dans le cadre de l’état de siège continuent à s’appliquer. Ce sont le préfet (le général Marion) et le chef de la gendarmerie qui sont désormais chargés de la police dans le département. La Milice conserve son autonomie d’action et va mener des opérations « coups de poing ». Les arrestations, les exécutions et les déportations continuent jusqu’à la Libération.
Cependant depuis la fin avril, l’Armée Secrète et les FTP se reconstituent dans leurs fiefs respectifs malgré les lourdes pertes subies partout depuis le mois de janvier : l’AS a été décapitée et les FTP ont perdu bon nombre de cadres d’origine.
Les rescapés du Plateau se regroupent peu à peu avec de nouveaux éléments de l’AS, principalement dans les vallées de Thônes avec Jourdan (« Joubert »), autour de Thorens avec Louis Morel(« Forestier »), Faverges avec Carquex (« Milo »). Un état-major départemental encore embryonnaire renoue les contacts avec les divers secteurs.
L’ouest du département est resté relativement protégé de même que la haute vallée de l’Arve (Saint-Gervais, Megève). Le secteur de Rumilly et celui de Saint Julien avec Ruche refont surface. Le maquis de la Mandallaz commandé par Lucien Mégevand (« Pan-Pan » également chef du Service Atterrissages et Parachutages) se renforce à proximité d’Annecy.
Les FTP de leur côté retrouvent leur terrain d’implantation : le nord du département, notamment le Chablais et une partie de la Vallée de l’Arve, du Faucigny et du Plateau des Bornes.
Le chef départemental de la Milice, Yvan Barbaroux, écrit à son chef régional : « Pour ce qui est du maquis en Haute-Savoie, je tiens à signaler que la situation est actuellement pire qu’avant les opérations. Les forces du Maintien de l’ordre ayant disparu du département, le maquis s’est réorganisé et devient plus menaçant que jamais. »
5 mai
L’Armée Secrète reçoit un parachutage sur le terrain de Vaulx (entre Rumilly et Frangy) par trois avions : 45 containers d’armes.
9 mai
La Schutzpolizei fusille deux survivants du corps franc « Simon » près de la cascade de « la Belle Inconnue ».
10 mai
Joseph Lambroschini (« Nizier »), envoyé par l’état-major régional de Lyon, arrive à Annecy pour prendre la suite d’Humbert Clair à la tête de l’Armée Secrète avec la mission de remettre sur pied la Résistance haut-savoyarde. Ce n’est pas une mission facile. Il devient ensuite le chef départemental des Forces Françaises de l’Intérieur avec deux adjoints : le capitaine Godard (« Jean ») comme chef de l’AS et André Augagneur (« Grand ») comme chef des FTP.
Il crée le « corps franc départemental » : une quinzaine de combattants bien entraînés, commandés par Emile Loison (alias « Hénaff », alias « Lieutenant Raymond ») venant principalement du groupe des « Evadés » avec trois rescapés des Glières. Ce corps franc va multiplier les coups de mains et les sabotages les plus spectaculaires de la période qui prépare la libération.
20 mai
Rafle allemande dans tout le Chablais avec l’aide de la Milice (notamment à Bernex) : plus de soixante arrestations, onze fusillés, nombreux déportés dont 19 mourront en Allemagne.