Manigod

Canton de Thônes

Cette commune de 953 habitants, situé dans la haute vallée du Fier, accueille dès 1942 des réfractaires grâce au comité de Résistance local dirigé par Pierre Bozon. Toute la population se mobilise pour héberger et nourrir les maquisards dont le nombre ne cesse de croître au cours de l’été 1943.
Le camp de La Cola reçoit en novembre 1943 les envoyés de Londres de la mission Musc, accompagnés d’Henri Romans Petit. Ils annoncent des parachutages sur la HauteSavoie à condition que leur réception soit organisée et sécurisée.

En décembre 1943, l’Armée secrète, sur ordre du commandant départemental, y organise des stages de formation militaire, véritable école de cadres. Cette école, installée dans les chalets de La Cola, est dirigée par le sous-lieutenant Louis Jourdan (« Joubert »).
Le 31 janvier 1944, les maquisards de Manigod sont les premiers à monter aux Glières, avec ceux de du Bouchet, le soir même de l’ordre donné à « Joubert » par Tom Morel.

A la suite du décrochage du 26 mars, le village est soumis à une opération de ratissage par les troupes allemandes qui arrêtent plusieurs habitants. Le Curé de Manigod obtient de l’officier qui commande ce détachement que ses paroissiens soient relâchés.

A partir du mois de mai, Manigod redevient une base de maquisards qui, sous les ordres du sous-lieutenant Louis Jourdan formeront la compagnie « Joubert ». Cette compagnie joue un rôle de pointe dans les combats de la libération. C’est dans la vallée de la Gutary que se rassemblent les moyens de transport qui permettront à la compagnie, le 14 août, de faire mouvement par Faverges, Doussard et le Col de Leschaux pour aller prendre position sur la rive droite du Chéran avec le corps-franc départemental. Leur mission est importante : bloquer la route entre Aix-les-Bains et Annecy, par où des renforts allemands de la 157ème division (encore elle !) auraient pu remonter au secours de la Haute-Savoie pendant les opérations de libération qui vont commencer. Ce seront les combats de Balmont. La « compagnie Joubert » poursuivra le combat pour libérer Aix-les-Bains. Elle fera ensuite mouvement à travers les Bauges pour couper la retraite allemande dans la vallée de l’Isère dans le secteur de Saint-Pierre d’Albigny. Elle devient au mois de septembre la première compagnie du 27ème BCA reconstitué qui portera désormais le nom de « compagnie Glières ».

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Carte de Manigod