Mars 1944

1er mars

Max Knipping, envoyé spécial de Darnand s’installe à Annecy pour suivre les opérations de Haute-Savoie.
Les GMR arrêtent Michel Fournier, l’assistant du médecin du Plateau, descendu chercher des médicaments au Grand-Bornand comme l’accord passé la veille devait le lui permettre.

2 mars

En réaction, la compagnie Humbert va investir le poste GMR de Saint Jean de Sixt (à quinze kilomètres du Plateau) et, sans un coup de feu, fait prisonniers la trentaine d’hommes qui s’y trouvent. Par téléphone Humbert obtient du colonel Lelong la promesse de libérer le jeune médecin emmené à Annecy, en échange de quoi les maquisards relâchent leurs prisonniers. Cet engagement ne sera pas tenu.

3 mars

Le groupe FTP de Marius Cochet (« Franquis ») monte au Plateau et se met aux ordres de Tom Morel. Il devient la section « Coulon ». Avec la section « Chamois », il forme la 3ème compagnie du bataillon des Glières commandée par Louis Morel (« Forestier ») chargée de défendre d’une part le Col de l’Enclave et le Col de Landron, et, d’autre part le débouché du Pas du Roc.
Désormais le « Bataillon des Glières » compte environ 320 hommes, ce qui est encore insuffisant face aux Forces de l’Ordre qui ceinturent le Plateau. Mais les maquisards contrôlent à peu près tous les passages donnant accès au Plateau.

4 mars

L’équipe des ravitailleurs de la vallée du Borne dirigée par Roger Broizat fait monter, depuis l’Essert, un troupeau de 35 vaches pour nourrir le Plateau.

Nuit du 5 au 6 mars : deuxième parachutage

C’est à peine le début de la période favorable aux parachutages. Aucun message n’a encore été reçu par le Plateau depuis la mi-février. Cependant deux avions, profitant d’une éclaircie, larguent 30 containers.

6 mars

Dernière entrevue entre Tom Morel et le commandant Raulet qui lui annonce que son escadron de la Garde, dont le colonel Lelong est très mécontent, doit laisser la place aux GMR du Groupe Aquitaine. Il pense que l’attaque contre le Plateau est à prévoir « sous huitaine peut-être » pas les Forces de l’Ordre.

7 mars

La cour martiale d’Annecy condamne à mort cinq Résistants qui sont exécutés à Sevrier le lendemain matin.

8 mars

Un avion d’observation allemand survole le Plateau.
Tentatives de la Milice sur deux accès du Plateau, l’une et l’autre aisément repoussées par les maquisards : au nord-est du côté de Balme, au col du Freux et à l’ouest du côté d’Usillon au pied du Collet où un milicien est tué.

9 mars 1944

C’est la veille de la peine lune et il fait beau temps. Jean Rosenthal « Cantinier », qui assure la liaison avec Londres, monte au plateau. Il annonce l’arrivée d’un grand parachutage et déclare : « le débarquement est proche ; considérez-vous comme une tête de pont ». Il laisse espérer d’autres parachutages massifs et même le renfort d’un bataillon aéroporté canadien. Le bataillon des Glières devra donc tenir le Plateau jusqu’à l’arrivée des renforts annoncés. Ce serait une nouvelle mission pour le maquis.
Le même jour, un GMR, agent infiltré par la Résistance, vient annoncer à Tom Morel que le Groupe Aquitaine commandé par le commandant Lefèbvre est à Entremont pour monter une attaque contre Glières. Tom Morel décide d’attaquer Entremont le soir même.

Nuit du 9 au 10 mars : la mort de Tom Morel

Le village est rapidement investi par les maquisards conduits par Tom Morel. Les GMR se rendent. Tom Morel fait face au commandant Lefèbvre qui a été désarmé. Il lui reproche de n’avoir pas tenu sa parole. L’officier GMR tue Tom Morel à bout portant avec un petit pistolet qu’il avait dissimulé sur lui.
Les maquisards remontent le corps de leur chef et celui de Georges Decour tué à ses côtés pour les enterrer sur le Plateau. Ils emmènent 57 GMR prisonniers. L’intérim du commandement est d’abord assuré par le sous-lieutenant Louis Jourdan (« Joubert »), puis, à partir du 14 mars, par le lieutenant Pierre Bastian « Barat », en attendant l’arrivée du capitaine Maurice Anjot.

10 mars (matin)

La section Hoche met en déroute une colonne de 25 à 30 GMR montant depuis la Rosière en direction de Notre-Dame des Neiges et fait une dizaine de prisonniers.

Nuit du 10 au 11 mars : troisième parachutage

Deuxième pleine lune, le parachutage annoncé par « Cantinier » arrive. Dix-sept avions larguent environ 45 tonnes d’armes et d’explosifs. Malheureusement, dès le lendemain soir, la neige tombe et les containers disparaissent sous la couche qui dépasse deux mètres de hauteur. Leur récupération est longue et épuisante : elle prendra plusieurs jours. Certes la neige isole le plateau et le protège. Mais elle bloque le bataillon des Glières sur place : il n’a évidemment pas le droit de partir en abandonnant, sans combattre, ces armes tant réclamées et que les Alliés avaient accepté d’envoyer pour la première fois en pareille quantité. Il devra tenir le plateau contre les assauts qui s’annoncent jusqu’à ce que la fonte de la neige lui redonne une plus grande liberté de mouvement... Face aux forces de Vichy, c’est tout à fait possible. Mais, quelles que soient les hypothèses envisageables, la neige supprime pour longtemps toute possibilité de décrocher avec le matériel déjà reçu.

Parachutage 1
Parachutage 1
Parachutage 2
Parachutage 2
Parachutage 3
Parachutage 3
Parachutage 4
Parachutage 4

L’intervention allemande

12 mars

Le délai imparti à Vichy par les Allemands pour remettre de l’ordre en Haute-Savoie est expiré. La 157e division de la Wehrmacht, basée principalement à Grenoble sous les ordres du général Pflaum, se prépare à faire mouvement vers les Glières.
C’est le début de « l’opération Hoch Savoyen ». Ce même jour, il fait beau : l’aviation allemande bombarde le plateau. C’est le moment où une centaine de maquisards commandés par le lieutenant Jacques Lalande et l’aspirant Jacques de Griffolet venant du Chablais et du Giffre arrivent en renfort. Ils atteignent le Plateau dans la nuit alors que la neige recommence à tomber (elle ne va pas cesser pendant plusieurs jours : 70 cm dans la seule nuit du 13 mars).
Humbert Clair, chef départemental de l’AS monte au Plateau, ainsi que les parents de Tom Morel qui réussissent à venir de Lyon pour l’enterrement de leur fils. Le lieutenant Bastian rejoint Glières avec son corps franc qui formera la section « Saint-Hubert ».

13 mars

Enterrement de Tom Morel et Georges Decour, au cœur du Plateau, près du mât central.

Enterrement T. Morel 1
Enterrement T. Morel 1
Enterrement T. Morel 2
Enterrement T. Morel 2
Enterrement T. Morel 3
Enterrement T. Morel 3

À Annecy, grande rafle de la Milice qui arrête plus d’une centaine de personnes dont la plupart figurent déjà sur des listes de suspects. Les prisons de la ville sont tellement pleines que les nouveaux prisonniers sont enfermés à bord du bateau « France » amarré sur le lac. Beaucoup seront déportés.

14 mars

Les deux groupes FTP de Marius Cochet (« Franquis ») et Lamouille qui avaient reçu de leur hiérarchie l’ordre de quitter le Plateau resteront avec leurs camarades de l’AS.

15 (ou 16 ?) mars :

À Annecy, rue Sommeiller, chez Péries préfet révoqué par Vichy, réunion de plusieurs responsables départementaux de l’AS avec Georges Guidollet (« Ostier ») chef départemental des MUR et Jean Rosenthal (« Cantinier ») représentant du BCRA, sous la protection du groupe des Evadés (le MREF).
La conclusion de la réunion est unanime : pour de multiples raisons, il n’est pas pensable, surtout vis-à-vis de nos Alliés, de quitter le Plateau sans combattre, en abandonnant les armes reçues. Le capitaine Anjot, volontaire pour prendre le commandement du bataillon des Glières, devra sauver l’honneur de la Résistance et, dans la mesure du possible, la vie des maquisards.

16 mars

À Paris, Darnand et Knipping rencontrent Oberg, chef des polices allemandes pour la France.

17 mars

Un avion de reconnaissance allemand prend des photos du Plateau. De nouveau et tous les jours suivants, quand la météo le permet, l’aviation allemande mitraille Glières.

Chalet en feu
Chalet en feu

Philippe Henriot, à la radio de Vichy, affirme dans son éditorial quotidien que les forces françaises du Maintien de l’Ordre sont venues à bout du Plateau des Glières.

Nuit du 17 au 18 mars

Le capitaine Maurice Anjot, conduit par des Résistants du Grand Bornand, franchit le blocus et arrive au Plateau. Désormais il s’appelle « Bayart ».

18 mars

Le capitaine prend le commandement du bataillon qui compte maintenant environ 450 hommes. Grâce aux maquisards arrivés du Chablais et du Giffre et des volontaires isolés qui continuent à monter, il forme une quatrième compagnie sous les ordres du lieutenant Lalande et réorganise la défense du secteur de la vallée du Borne qui est le plus exposé.

Prise d’armes 1
Prise d’armes 1

18 et 19 mars

À Aix les Bains, les représentants de la Milice rencontrent le général Pflaum commandant la 157ème division allemande en présence du responsable SS Jeewe. Ils se concertent avec le colonel Schwehr commandant du principal régiment prévu pour l’attaque du Plateau.

19 mars

Venue à Annecy d’officiers de la Luftwaffe pour coordonner les attaques aériennes.

20 mars

À Annecy, de nouveau, la cour martiale condamne à mort cinq Résistants qui sont exécutés à Sevrier le lendemain matin.
Aux Plagnes, au-dessus d’Usillon, sur le versant de Thorens, quatre maquisards sont surpris par la Milice : trois sont tués, le quatrième est mortellement blessé ;
la Milice attaque au col de Landron ; elle est stoppée par les tirs des fusils-mitrailleurs qui contrôlaient le passage ( 12 miliciens tués ?) ;
à Notre-Dame des Neiges, attaque de la Milice avec appui de tirs de mortier également repoussée.
Le Général Pflaum fait le tour des vallées qui ceinturent le Plateau pour reconnaître le terrain et retourne à Grenoble. Ses conclusions sont relativement pessimistes : le plateau lui semble pour le moment inaccessible à cause de la neige et de la très bonne organisation de sa défense par les maquisards.

21 mars

Le matin, de Vaugelas, chef des opérations de la Milice, est reçu par le général Pflaum à Grenoble. Miliciens et Allemands se répartissent les rôles, car la Milice veut pouvoir afficher la part qu’elle entend prendre à l’opération.
L’après-midi le général s’installe à l’hôtel Impérial à Annecy avec son état-major.
À la radio de la France Libre, Maurice Schumann rend hommage à Tom Morel.

22 mars

Reconnaissance de la Milice sur Beffay.
Arrivée en Haute-Savoie des premiers éléments de la 157ème division allemande.

23 mars

La Milice envoie deux émissaires au Plateau en proposant un marché : un traitement indulgent pour les maquisards de l’AS à condition de livrer les FTP et les Espagnols. Le capitaine Anjot refuse catégoriquement.
Mitraillages aériens sur les chalets des Auges et sur Notre-Dame des Neiges (un mort et un blessé grave à la section Hoche). Les balles traçantes tirées par les avions mettent le feu aux chalets qui sont méthodiquement attaqués, mais pas toujours avec succès à cause du relief. Nouvelle rencontre entre la Milice et le général Pflaum. La Milice sera chargée de boucler le secteur de Thorens vers lequel l’armée allemande projette de pousser les maquisards du Plateau qui devraient ainsi être pris dans une nasse.
Ce même jour, le général Pflaum signe son ordre d’opération en vue de l’attaque finale. Quatre bataillons allemands prennent position sur tout le flanc sud-ouest, sud et est du Plateau (vallées du Fier, du Nom et du Borne). Le secteur de la Filières est laissé à la Milice chargée d’y attendre les maquisards que la Wehrmacht doit refouler dans sa direction.
Le poste de commandement de la 157ème division et la Gestapo s’installent à Thônes.

24 mars

Attaque de la Milice aux Auges (un maquisard tué, un blessé). Les Miliciens se retirent en laissant un prisonnier.
À Annecy Darnand se concerte avec la Gestapo et les SS.
11 heures : l’artillerie allemande du Petit-Bornand règle ses tirs et commence à tirer sur les défenses des Glières. Mais elle ne dispose pas d’observatoire dominant le plateau.

25 mars

Les tirs d’artillerie s’intensifient depuis chacune des vallées tenues par les Allemands.
Darnand visite ses troupes de la Milice à Thorens en compagnie du général Pflaum et des SS qui ont la charge de contrôler toute l’opération y compris les unités de la Wehrmacht. Mais Darnand ne trouve pas d’accord avec les SS et la Gestapo au sujet des futurs prisonniers dont Vichy voudrait être seul à décider de leur sort.
Dernier message d’Anjot à Navant (Clair).

26 mars

8H. Trois groupes allemands font une tentative au Lavouillon contre la section Liberté Chérie : ils sont contraints à décrocher ;
8H30. Première attaque de la Milice à l’Enclave contre la section Coulon ;
9H. le temps est clair : l’aviation mitraille en rase-mottes et incendie plusieurs chalets ;
10H. La Milice attaque au col du Freux contre la section Verdun, sans succès ;
11H. Violente attaque de la Milice à l’Enclave, sans succès ; les tirs d’artillerie se renforcent depuis la vallée du Borne ;
12H. Nouvelle attaque aérienne ;
15H. Une unité allemande atteint la position de Montiévret (1). Elle est stoppée par les deux sections qui tiennent le secteur. Quelques soldats allemands réussissent à contourner la position en escaladant les rochers qui la dominent. Ils font deux tués et plusieurs blessés puis, à la tombée de la nuit, se replient. Ce que les maquisards ne peuvent pas savoir c’est que les Allemands sont revenus à leur base de départ dans la vallée du Borne.

Attaque allemande 1
Attaque allemande 1
Attaque allemande 2
Attaque allemande 2
Attaque allemande 3
Attaque allemande 3
Attaque allemande 4
Attaque allemande 4
Attaque allemande 5
Attaque allemande 5

L’évacuation du plateau et l’exfiltration

22H. Le capitaine Anjot sait que le bataillon n’a pas les moyens de tenir face à la prochaine attaque qui ne peut qu’être générale. Les rapports qu’il a reçus lui font penser que les Allemands sont en train de contourner Montievret en direction des Auges d’où ils pourront, au matin, fondre sur le centre du Plateau. Après avoir consulté ses officiers présents au poste de commandement, le capitaine, considérant que « l’honneur est sauf », donne l’ordre à toutes les sections de décrocher et de sortir de l’encerclement pour rejoindre leurs maquis d’origine. Les GMR qui avaient été faits prisonniers par les maquisards sont laissés en vie et seront récupérés par les Allemands.
Les principaux axes de repli sont vers l’ouest (en direction de la vallée du Fier) et vers le nord-ouest (secteurs boisés de Thorens et Evires tenus par la Milice). Partout, en dehors des pentes ensoleillées, la couche de neige atteint encore un mètre d’épaisseur. C’est une neige de printemps qui casse sous les pas. La marche est épuisante. Il faut déjouer les pièges de l’ennemi qui ceinture le massif. Les maquisards ont emporté avec eux le maximum d’armes individuelles que souvent, à bout de forces, ils sont obligés de cacher en route dans l’espoir de revenir les chercher (ce que certains réussiront à faire). Ils n’ont pratiquement plus rien à manger depuis au moins la veille.
La colonne principale, avec le capitaine Anjot, suit l’axe du Plateau par la gorge d’Ablon pour atteindre le Col du Perthuis au dessus de Dingy. Là, le capitaine donne l’ordre de dispersion pour traverser la vallée du Fier visiblement contrôlée par les Allemands. Par petits groupes, les maquisards vont tenter de s’exfiltrer par des cheminements divers qui prendront pour la plupart d’entre eux plusieurs jours et nuits dans des conditions éprouvantes. Mais, au lever du jour, le plateau était totalement évacué.

27 mars

Au début de l’après-midi, les troupes allemandes prennent pied sur le Plateau. Elles n’y trouvent que quelques blessés qu’elles achèvent et une vingtaine d’habitants qui ne font pas l’objet de représailles. Pendant les trois jours suivants, les Allemands ratissent les Glières. Ils récupèrent les armes qu’ils trouvent. Ils quittent le Plateau le vendredi 31 mars, en obligeant les habitants restés sur place à descendre dans la vallée du Borne. Les chalets encore debout sont incendiés, le bétail est emmené ou tué sur place par la troupe, avide de toute nourriture.
Dans l’après-midi, le capitaine Anjot, renonçant à traverser la vallée du Fier par Dingy, se dirige vers Nâves, avec deux anciens chasseurs du 27ème BCA et quatre Espagnols qui l’ont rejoint et l’escortent. Le capitaine, les deux chasseurs et trois Espagnoles tombent dans une embuscade allemande, au dessus du village, au lieu dit le Clu. Un seul Espagnol s’en sort vivant.
Vers 22 h. à Morette, un groupe d’environ vingt-cinq maquisards ayant franchi le Fier et remontant la vallée sont pris dans une embuscade. Seuls sept d’entre eux réussissent à s’en sortir. Ce sera le lieu de la future nécropole.

La chasse à l’homme et la répression

28 mars

À Montremont (Thônes), quatre maquisards, rescapés de l’embuscade de Morette, sont faits prisonniers par les Allemands qui fusillent sur place le paysan et un garde forestier qui venaient de les mettre à l’abri.
Sur le plateau, un maquisard blessé retrouvé par les Allemands est achevé près du chalet de « Marie des Bossons ».

29 mars

À Navoty, près du col de Bluffy (Alex) la Schutzpolizei tue sept prisonniers après avoir fait semblant de les relâcher.
Au lieu dit « Sur les Iles » (La Balme de Thuy) treize prisonniers sont exécutés.
À l’heure de son émission quotidienne (12h40), Philippe Henriot, l’éditorialiste vedette de Radio Vichy, présente un soi-disant reportage depuis Thorens (mais en réalité enregistré à Annecy) où il calomnie les maquisards en s’abstenant de parler de l’intervention allemande pour reporter le mérite de cette pseudo victoire sur la seule Milice.
Le lieutenant Bastian est capturé par les Allemands près de Thônes. Identifié par la Gestapo comme l’organisateur du ravitaillement du Plateau, il est transféré à Annecy à l’école Saint-François transformée en prison. Il sera interrogé par la Gestapo et la Milice pendant près de trois semaines. Il finira par reconnaître son propre rôle, mais, malgré les pires sévices, il ne donnera aucun des noms de ceux qui ont aidé le Plateau.
Vers 22H. Jacques de Griffolet d’Aurimont qui a rejoint la section FTP de « Franquis », tombe sous le feu de la Milice à la Luaz près de Thorens avec deux autres maquisards.

30 mars

Embuscade allemande au Fételay (Thônes) un maquisard tué.
Embuscade au Col du Lachat (Thônes) : quatre maquisards tués par les Allemands dont trois seront retrouvés brûlés dans le chalet que la troupe a incendié.

31 mars

À Thorens la Milice exécute trois de ses prisonniers ; deux maquisards tombent dans des embuscades de la Milice, l’un à la Luaz et l’autre au pied du Pas du Roc.
La 157ème division reçoit l’ordre de se préparer à intervenir dans le département voisin de l’Ain (opération « Frühling », c’est-à-dire « Printemps »). Elle se regroupe dans l’avant-pays haut-savoyard (région d’Annecy-Cruseilles-Frangy) jusqu’au 4 avril et passe à l’action contre les maquis de l’Ain, de l’autre côté du Rhône. Elle laisse cependant un détachement en garnison à Annecy qui capitulera devant les maquisards le 19 août.


[1] Le nom de « Montiévret » est habituellement écrit « Monthievret ». Nous nous conformons au cadastre de la commune du Petit Bornand qui écrit parfois « Montievrant », mais n’emploie jamais de « H ».